Ituri-12 Juin 2025, Dans la province instable de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), une initiative de la Mission des Nations unies (MONUSCO) transforme les berges du lac Albert en havre de paix et d’opportunités économiques. À Tchomia, une localité jadis secouée par les violences communautaires, l’introduction de l’aquaculture en cages flottantes ouvre une voie inattendue vers la réconciliation et la résilience.Lancé il y a six mois, ce projet a formé 100 bénéficiaires dont 50 femmes vulnérables et 50 ex-combattants ou jeunes désœuvrés aux techniques modernes d’élevage de tilapia. Environ 53 000 alevins ont été inséminés dans des cages construites à partir de matériaux respectueux de l’environnement. L’objectif : réduire les tensions communautaires tout en luttant contre la pauvreté et le chômage, deux moteurs majeurs de l’instabilité régionale.
De la pêche de survie à l’économie durable
La communauté de Tchomia vit presque exclusivement de la pêche. Mais la surexploitation du lac Albert où seules 15 des 60 espèces de poisson recensées autrefois subsistent a précipité les habitants dans une impasse économique et écologique.
« Ce projet permet de régénérer les zones de reproduction et de rompre avec des pratiques destructrices comme l’usage de moustiquaires pour la pêche », explique Florent Gbombo Nzama, coordinateur du Réseau des associations pour le développement durable, partenaire de la MONUSCO dans ce programme.
Les bénéficiaires, organisés en groupements piscicoles, ambitionnent de se transformer en coopératives durables. L’un d’eux, Claude Uyergiu-Ujwiga, se réjouit des premiers résultats :
« Le rendement est meilleur qu’avec la pêche traditionnelle, et les jeunes se détournent des groupes armés pour se réinsérer. »
Un tournant pour les ex-combattants
Parmi les nouveaux pisciculteurs, Lokolo Lumeri, ancien milicien, y voit une deuxième chance :
« J’ai quitté les armes, et aujourd’hui, je peux subvenir aux besoins de mes huit enfants. Ce projet m’a redonné espoir. »
La MONUSCO ne s’est pas arrêtée là. Ce jeudi 12 juin, à Bunia, elle a inauguré une chambre froide d’une capacité de 10 tonnes au marché de Yambi. Une infrastructure vitale pour la conservation du poisson, qui, selon les commerçants, mettra fin au gaspillage et améliorera les revenus.
« C’est plus qu’un projet économique », a déclaré Josiah Obat, chef du bureau MONUSCO-Ituri. « C’est un symbole de paix, d’unité et de coexistence pacifique entre les communautés. »
Source : Monusco