Equateur, RDC – Au moins 30 personnes ont perdu la vie dans le naufrage d’un bateau survenu mercredi sur le lac Tumba, dans la province de l’Équateur, au nord-ouest de la République Démocratique du Congo, selon des sources locales. Des dizaines d’autres restent portées disparues alors que les secours continuent de fouiller les eaux du lac dans des conditions difficiles.
L’embarcation, qui transportait passagers et marchandises, avait quitté le port de Bikoro malgré des signes évidents de surcharge et un ciel menaçant. Le bateau a chaviré peu après son départ, dans des eaux devenues dangereusement agitées à la suite de fortes pluies, selon les premières déclarations officielles.
« Nous pensons que le mauvais temps et la surcharge sont les principales causes du naufrage », a déclaré Justin Mputu, administrateur territorial de Bikoro, à la presse locale.
La RDC, pays aux infrastructures routières limitées, dépend largement de ses rivières et lacs pour le transport des biens et des personnes. Mais les accidents maritimes y sont tristement fréquents. La vétusté des embarcations, le non-respect des règles de sécurité et le manque de contrôle renforcent les risques pour les passagers.
Secours entravés par le manque de moyens
Les efforts de sauvetage, menés par les autorités locales et des volontaires, sont entravés par le manque criant de ressources. Gabriel Ifulu Bongolomba, commissaire du lac à Bikoro, a souligné que les secouristes manquaient d’équipements de base, notamment de gilets de sauvetage, de bateaux adaptés et même de carburant.
« Nous sommes contraints de réquisitionner des bateaux privés pour intervenir. Mais parfois, nous n’avons même pas assez de carburant pour faire fonctionner les moteurs », a-t-il déclaré à l’agence Reuters.
Selon le Panel des Experts de la Société Civile de l’Équateur, deux bateaux avaient quitté le port de Bikoro mercredi après-midi, malgré les alertes sur les mauvaises conditions météorologiques. « La surcharge était telle que certains passagers étaient refusés à bord des pirogues », a rapporté Akula Dieu, membre du collectif.
Une tragédie récurrente
Ce naufrage s’ajoute à une longue série d’accidents similaires sur les voies navigables congolaises. En l’absence de réglementation stricte et de contrôles efficaces, les traversées en bateau continuent de coûter la vie à des dizaines de personnes chaque année.
Les familles des disparus, accablées par l’angoisse, attendent toujours des nouvelles de leurs proches alors que les corps continuent d’être repêchés. Les autorités appellent à la vigilance et à une réforme urgente du secteur du transport fluvial.