À Goma, le football fait son retour au milieu des armes

Après quatre mois de restriction du football et de la musique dans la ville de Goma, les supporters peuvent enfin assister à un tournoi regroupant des équipes intercongolaises.

Le mouvement politico-militaire AFC-M23 chercherait-il à envoyer un message fort à la communauté nationale et internationale ?

La ville de Goma semble pouvoir retrouver un semblant de sécurité, même dans le domaine du sport.

À la tribune : Corneille Nanga et le gouverneur de l’AFC-M23, Bahati Erasto — une administration rejetée en bloc par les autorités de Kinshasa.

La sécurisation des habitants reste une préoccupation majeure de ce mouvement rebelle, récemment accusé de crimes de guerre par la communauté internationale et plusieurs organisations de défense des droits humains.

La journée a été marquée par des cris de joie d’une population meurtrie, qui n’aspire qu’à une paix durable, dans une ville où les crimes font partie du quotidien.

Les rebelles du M23 cherchent-ils à rassurer la population dans un contexte d’inquiétude et de peur ? Certaines familles gardent encore en mémoire les douloureux souvenirs de proches tombés sous les balles lors de la prise de Goma.

Mais le sport reste un pont, capable d’atténuer les douleurs et d’unir deux protagonistes sur un même terrain de football.

« Nous sommes fiers aujourd’hui de voir le stade rouvert. Nous allons continuer à implorer les autorités politiques : s’ils ont leurs querelles, qu’ils nous laissent au moins notre stade ouvert. »

Ce moment pourrait marquer un tournant dans une région où les armes dictent la loi. La paix peut être un vecteur de confiance, mais aussi une opportunité de responsabiliser les jeunes à travers des activités génératrices de revenus.

« Le football, c’est mon travail. Je n’ai pas d’autre emploi. Je demande aux autorités de continuer ce tournoi, pour que cela puisse aider la jeunesse. Ces deux équipes doivent se soutenir afin que nos clubs aillent de l’avant. »

Pour l’instant, personne ne peut prédire l’avenir du football dans cet environnement de tension et d’insécurité. Si le groupe AFC-M23 parvient à gagner ce pari, alors les deux provinces du Kivu pourraient enfin retrouver leurs couleurs.

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