Forum international sur le bassin du Congo : Le professeur Jean-Robert Bwangoy Bankanza lance un appel pressant pour la sauvegarde des marécages, piliers écologiques du bassin
À l’occasion de la deuxième journée du Forum international sur le bassin du Congo, tenu à Kinshasa ce mercredi 11 juin 2025, le professeur Jean-Robert Bwangoy Bankanza, éminent spécialiste de la conservation des forêts tropicales et figure de proue de l’écologie en République Démocratique du Congo (RDC), a vigoureusement plaidé en faveur de la protection des marécages et zones humides du bassin du Congo, des écosystèmes essentiels mais encore trop souvent négligés dans les politiques environnementales.
Intervenant lors d’un événement parallèle axé sur les écosystèmes humides, le professeur Bwangoy, également enseignant-chercheur à la Faculté d’Agronomie de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), a mis en exergue le rôle multifonctionnel et vital que jouent les marécages pour les communautés locales, la sécurité alimentaire, la résilience climatique, ainsi que pour la préservation de la biodiversité. Selon lui, ces espaces naturels remplissent des fonctions écosystémiques cruciales : approvisionnement en eau douce, pêche artisanale, chasse de subsistance, mais aussi filtration naturelle des polluants, régulation hydrologique et stabilisation du climat local.
« Les marécages du bassin du Congo sont de véritables réservoirs de vie. Ils fournissent des ressources indispensables aux populations riveraines tout en jouant un rôle écologique fondamental. Leur dégradation serait catastrophique tant pour les humains que pour la faune et la flore », a-t-il affirmé.
Des puits de carbone essentiels dans la lutte contre le changement climatique
Fondateur et acteur clé d’ERA Congo, une entreprise pionnière dans les projets de reforestation, de conservation forestière et de gestion durable des ressources naturelles, le professeur Bwangoy a insisté sur l’importance des tourbières tropicales, dont une grande partie se trouve en RDC. Ces milieux humides sont parmi les plus grands puits naturels de carbone sur Terre, stockant des milliards de tonnes de CO₂ et jouant un rôle stratégique dans l’atténuation du réchauffement climatique à l’échelle planétaire.
« Protéger les marécages, c’est contribuer directement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Leur destruction entraîne non seulement une perte de biodiversité, mais libère également du carbone accumulé pendant des siècles, exacerbant la crise climatique », a-t-il averti.
Projet Maï-Ndombe REDD+ : un modèle de conservation intégrée
Il a également mis en lumière les résultats probants du projet Maï-Ndombe REDD+, piloté par ERA Congo, qui illustre concrètement comment les mécanismes de financement carbone peuvent soutenir la préservation des forêts et zones humides, tout en favorisant le développement socio-économique local. Grâce à la vente de crédits carbone sur les marchés internationaux, ce projet a permis de générer des revenus pour les communautés, renforcer la gestion participative des ressources naturelles, et réduire la pression sur les écosystèmes fragiles.
Une urgence écologique mondiale : la protection des zones humides
Les scientifiques et écologistes présents au forum ont unanimement salué cette prise de position forte du professeur Bwangoy, soulignant que la préservation des marécages et tourbières du bassin du Congo est un enjeu mondial. Ces écosystèmes riches en espèces endémiques sont indispensables pour atteindre les objectifs de conservation « 30×30 » des Nations Unies, qui visent à protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030. Leur disparition entraînerait des pertes irréversibles en matière de diversité biologique et de fonctionnement écologique.
« Il est impératif de reconnaître la valeur stratégique des zones humides tropicales dans nos efforts collectifs de lutte contre le changement climatique, la déforestation et l’insécurité alimentaire », a-t-il déclaré avec force.
Un appel à la mobilisation collective pour la résilience écologique
En conclusion, l’intervention du professeur Jean-Robert Bwangoy Bankanza résonne comme un appel urgent à la mobilisation des décideurs politiques, des scientifiques, des bailleurs de fonds et des citoyens en faveur de la protection durable des écosystèmes humides du bassin du Congo. Face aux menaces croissantes de l’exploitation anarchique des ressources, du braconnage, et du changement climatique, la sauvegarde des marécages apparaît comme une priorité absolue pour garantir l’avenir environnemental, économique et social de la région.
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